Descente d'encolure : les points à surveiller pour un travail de qualité.




La fermeture de l'angle tête/encolure


« Le cheval qui étend son encolure vers le bas et vers l’avant, ouvre corrélativement son angle tête-encolure, sans modification de la cadence de l’allure dans laquelle il se déplace. Le mouvement peut aller ainsi jusqu’à la plus grande extension de l’encolure, le bout du nez étant alors près du sol. L’exercice, pour être mécaniquement juste, conforme à l’harmonie musculaire locomotrice, impose que le chanfrein reste, bien entendu, toujours au delà de la verticale, que l’ouverture de l’angle tête-encolure et l’amplitude de l’allure évoluent harmonieusement avec l’extension, que le contact avec la main reste effectif et sans augmentation, que la cadence soit celle des allures ordinaires que nous avons définies. »

Dr Pradier, Mécanique Equestre et Equitation


Une position du chanfrein verticale ou en avant de celle-ci est recherchée pour 2 raisons :

  • pour que le cheval puisse laisser tomber la tête sans effort et travaille dans le relâchement

  • pour ne pas exagérer l’élongation du ligament nuchal déjà étiré par l’abaissement de l’encolure.

La fermeture de l’angle tête-encolure se traduit par une flexion supplémentaire au niveau des vertèbres cervicales hautes et une rupture de la transmission de la propulsion venant de l’arrière-main.

les Dr P. Pradier et M.O. Sautel soulignent, la fermeture de la tête sur une encolure basse, obtenue par les actions de main du cavalier, n’assure pas la remontée de la base de l’encolure.


Le degrés d'abaissement de l'encolure


Le degrés d'abaissement c'est la hauteur de l’encolure dans cet exercice. Il peut aller de l’horizontale à l’abaissement maximal le nez au sol en fonction de la souplesse du cheval, de sa capacité à gérer son équilibre et de l’allure.


Une encolure légèrement en dessous de l'horizontale sollicite moins la musculature du cheval et est utilisée lors de l'échauffement ou de la récupération mais également lors des phase de pauses/relâchement entre deux exercices. Il peut être aussi utilisé avec les jeunes chevaux manquant d'équilibre, de souplesse ou de conscience corporelle.

Plus l'encolure est basse, plus la musculature est sollicitée.

Ce travail est effectué dans une allure lente et rebondie.


La réorganisation des muscles du soutien de l’encolure suite à son abaissement total demande au cheval de plus solliciter les sangles musculaires qui soutiennent le thorax.

Cela entraine un meilleur soutien de son avant-main et une sollicitation plus forte de son arrière-main, le développement des muscles pectoraux et dentelés, de la sangle abdominale et des muscles de l’engagement (grand psoas et iliaque).

La descente d'encolure est a travailler avec parcimonie et en alternance avec un travail du rassembler.

Elle peut constituer un travail préparatoire chez le jeune cheval, contribuant à son renforcement musculaire.

L'engagement des postérieurs

La descente d'encolure provoque une mise sous tension du ligament nuchal et supra-épineux.

Ce ligament va alors exercer une forte contrainte sur les dernières vertèbres lombaires. Ainsi contrainte les lombaires ne pourront pas travailler à l'engagement des postérieurs. L'engagement des postérieur est reportée sur l’articulation coxo-fémorale et sur la lombo-sacrée via l’insertion des petits psoas.

J.M. Denoix nous explique que le travail en extension d'encolure entraine un assouplissement de la charnière lombo-sacrale, un étirement des muscles de la propulsion et un travail supplémentaire des muscles de l’engagement (psoas et iliaque). La demande d’engagement supplémentaire renforce la sollicitation de ces muscles . Le Dr J.M. Denoix admet un intérêt dans cette sollicitation supplémentaire mais reste prudent sur son utilisation. Avec une demande d’engagement des postérieurs, il insiste sur le possible excès de tension du ligament supra-épineux susceptible de provoquer des lésions de celui-ci et de ses attaches. Il insistent sur une activité « juste », ni trop rapidpour ne pas devoir la freiner, ni trop lente pour obtenir une sollicitation suffisante des postérieurs.



Variez les attitudes !


« Le cheval doit être capable de passer d’une attitude de dressage très relevée et compacte à une attitude vers le bas et étendue »

Michel ROBERT


Comme tout travail de développement musculaire, le travail en descente d'encolure doit être progressif, dosé et adapté à chaque cheval. Elle sera exécutée sur des temps court au début entrecoupé de pauses. Puis, sur des temps plus longs et en ajoutant des barres au sol, des transitions, …quand le cheval arrive à mieux s'organiser dans son corps.

La descente d'encolure ne se suffit pas à elle même, elle doit s’inscrire dans un programme complet dans lequel la variété des attitudes est recherchée.


Pour tous les chevaux ?


Les vétérinaires P. Pradier, M.O. Sautel et I. Burgaud recommandent de limiter les temps de travail dans cette posture pour les chevaux souffrant d’une quelconque affection au niveau des pieds et des boulets antérieurs, afin de ne pas trop surcharger ces articulations. Il peut être contre-indiqué chez les chevaux ayant des antécédents de tendinite ou d’affections articulaires sur les antérieurs (Pr J.M. Denoix).